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Dans ma classe de stage, j’observais quotidiennement chez mes 17 élèves de 2e année plusieurs comportements dérangeants : difficulté à lever la main pour obtenir le droit de parole, excitation excessive menant à des gestes physiques non sécuritaires, difficulté à reconnaître et à comprendre les émotions vécues, stress relativement à l’échec, rigolades et discussions à des moments inadéquats, etc. Ces comportements nuisaient au climat d’apprentissage, n’étaient pas adaptés au contexte scolaire et limitaient la disponibilité des élèves aux apprentissages. J’ai donc choisi de travailler la régulation de l’inhibition, plus précisément l’inhibition des émotions.

Mon projet d’intervention en contexte (PIC) s’est déroulé en cinq étapes sur une période de quatre semaines.

Mettre des mots

Nous avons lu l’album La couleur des émotions, puis tenu des causeries afin de démystifier et de mettre des mots sur les émotions, l’excitation et l’impulsivité, dans le but de permettre aux élèves de comprendre l’importance de la sérénité dans leurs apprentissages.

Comprendre l’origine des pulsions à l’aide de techniques d’impact

Une causerie a été menée sur le fonctionnement du cerveau ainsi que sur le rôle de l’élève. Nous avons discuté de l’importance de faire preuve d’inhibition en contexte scolaire. Plusieurs techniques d’impact ont été réalisées, notamment celle de la balloune. Les élèves ont ainsi pu visualiser ce qui se passe dans leur corps et dans leur cerveau lorsque les émotions prennent trop de place, ou lorsqu’ils agissent de façon impulsive.

Proposer des stratégies d’autocontrôle

Afin d’aider les élèves à inhiber leurs émotions, nous avons travaillé différentes stratégies d’autocontrôle : la respiration abdominale, les stimulations sensorielles, la pleine conscience, la technique Retien-Force ainsi que l’utilisation d’aide-mémoires. Un vocabulaire commun a également été instauré afin de soutenir les rappels (ex. : la balloune comme métaphore de la place occupée par les émotions dans le cerveau).

Communication et accompagnement

Pour favoriser le réflexe de s’arrêter, de prendre conscience de son état et de s’ajuster au besoin, les élèves complétaient un journal des émotions à la fin de chaque journée. Un vocabulaire commun était également utilisé pour faire des rappels quotidiens. Au besoin, j’offrais un accompagnement individualisé afin d’aider les élèves à mettre en pratique les stratégies d’autocontrôle enseignées.

Mise en pratique autonome

Lors de quatre périodes de jeux de société sélectionnés avec soin, j’ai intentionnellement créé des situations excitantes ou susceptibles de provoquer des gestes impulsifs et des émotions, afin de permettre aux élèves de réinvestir de façon autonome les stratégies d’autocontrôle apprises.

 

Au terme du stage, j’ai observé que les élèves étaient mieux outillés pour réguler leurs comportements et leurs émotions. Bien qu’ils aient encore besoin de soutien pour prendre conscience de leur état, un simple rappel ou une intervention leur permettait de s’arrêter et d’utiliser les stratégies enseignées. Les comportements étaient ainsi plus adaptés au contexte scolaire et le climat de classe s’est avéré plus propice aux apprentissages.

Plusieurs traces sont disponibles au terme de ce projet, soit des grilles d’échantillonnage accompagnées de commentaires ayant permis d’assurer le suivi tout au long des quatre semaines, le journal des émotions de chaque élève, des images de Monsieur Serrein, de la voiture de course et de Monsieur Retien-Force, un schéma du cerveau ainsi que l’aide-mémoire d’autorégulation complété par chaque élève et mis à leur disposition.

Cohorte