Dans une classe de 1re et 2e année du primaire, présentant une faible motivation envers les activités papier-crayon et une capacité d’attention limitée à environ 15 minutes, nous avons mis en place, en situation de co-enseignement, un projet d’intervention en contexte (PIC) afin de rendre l’étude des mots plus engageante et plus efficace. Les activités traditionnelles reliées à l’étude des mots de vocabulaire (mot caché, message codé, phrase à corriger) étaient jugées répétitives, peu motivantes et peu favorables au développement de la mémoire orthographique et de la compréhension des mots. Les élèves pouvaient réussir les tâches sans réellement lire, écrire ou comprendre les mots.
Pour répondre à cette problématique, un nouveau concept d’étude de mots a été élaboré sous forme d’ateliers collaboratifs et variés. En équipes de deux, les élèves alternaient les rôles : l’un dictait les mots tandis que l’autre les écrivait, puis les rôles étaient inversés. Cette organisation permettait à chaque élève de lire, d’écrire, de vérifier et de corriger les mots. Les activités étaient organisées en rotation, pour un total de 10 activités différentes, et les élèves changeaient d’activité aux deux jours, ce qui permettait de maintenir leur intérêt tout en respectant leur courte capacité d’attention.
Lors des nouveaux ateliers, les élèves mobilisaient directement les processus de décodage et d’encodage, ce qui favorisait le renforcement de leur mémoire orthographique. Cette pratique soutenait également leur progression vers une lecture et une écriture de plus en plus autonomes. Par ailleurs, ce projet favorisait le développement de l’entraide et de la bienveillance entre les élèves. Il permettait aussi de travailler leurs compétences à vivre ensemble, en valorisant la coopération, le respect et le soutien mutuel.
Les résultats observés ont montré une plus grande implication des élèves, une meilleure concentration durant les périodes d’étude des mots et une amélioration de leur capacité à repérer et corriger leurs erreurs. Les élèves étaient davantage engagés, plus confiants et plus actifs dans leurs apprentissages. Ces améliorations ont permis de soutenir le développement de leur mémoire orthographique et de leur autonomie en lecture et en écriture. En plus de développer des stratégies efficaces pour l’étude des mots, les élèves ont pu développer leur capacité à s’entraider et travailler en équipe. Les traces disponibles pour documenter le projet comprennent les contrôles de mots des jours 10, les productions écrites réalisées lors des périodes d’écriture, ainsi que les observations consignées et discutées chaque semaine à la suite des périodes dédiées à l’étude des mots. Ces éléments ont permis d’évaluer les progrès des élèves et d’ajuster les interventions au fil du projet.
Florence Dupuis et Anais Darveau