J’ai réalisé mon stage 4 dans une classe de troisième année où la moitié des élèves présentait des besoins particuliers (modifications, TSA, code 12, trouble d’opposition, etc.). Dès les premiers jours, j’ai rapidement constaté que le groupe n’était pas du tout soudé. Malgré mes interventions variées, plusieurs problématiques persistaient. Les élèves ayant des besoins particuliers étaient souvent exclus ou jugés par leurs pairs, ce qui affectait leur sentiment d’appartenance et leur engagement dans les activités collectives. Le fait que je doive régulièrement adapter mes approches pour soutenir certains élèves créait également de la frustration chez ceux qui comprenaient plus rapidement, qui avaient l’impression d’attendre ou de répéter inutilement. Lors des travaux d’équipe, certains élèves refusaient de collaborer avec leurs pairs ayant des besoins particuliers, estimant qu’ils ne contribuaient pas assez. En résumé, dès qu’ils en avaient l’occasion, plusieurs élèves se tiraient vers le bas plutôt que de s’entraider.
Dans ce contexte, j’ai décidé de centrer mon projet d’intervention sur l’implication des élèves dans leur autoévaluation afin de favoriser une meilleure compréhension de leurs comportements, une plus grande responsabilité sociale et, ultimement, un climat de classe plus inclusif.
Pour soutenir ce projet, j’ai mis en place trois types d’interventions. D’abord, j’ai utilisé la transmission d’informations pour aider les élèves à mieux comprendre la réalité et les défis vécus par leurs pairs. Cette approche a permis de clarifier ce qu’est l’exclusion, son impact sur les autres et l’importance de développer des comportements prosociaux. Ensuite, j’ai intégré la métacognition, qui occupait une place essentielle dans ma séquence. Elle visait à amener les élèves à réfléchir à leurs actions, analyser leurs gestes et comprendre l’effet de leurs comportements sur le groupe. Finalement, j’ai mobilisé l’enseignement explicite afin d’enseigner clairement ce qu’est un message constructif et comment poser des gestes inclusifs. Grâce à la modélisation, à la pratique guidée et à la pratique autonome, les élèves ont pu progressivement s’approprier ces comportements.
Le projet s’est également appuyé sur l’album Le garçon invisible, utilisé pour amorcer une discussion sur l’exclusion et ouvrir la réflexion sur les émotions vécues par les élèves qui se sentent mis à l’écart.
Déroulement du projet
Le projet s’est déroulé en quatre grandes étapes.
Dans un premier temps, j’ai lu Le garçon invisible aux élèves, suivi d’une discussion sur l’exclusion. L’objectif était qu’ils puissent reconnaître des gestes liés à l’exclusion.
Lors de la deuxième étape, nous avons construit un tableau d’ancrage sur l’inclusion et discuté d’une qualité et d’un défi personnel, que les élèves ont consignés dans leur carnet de réflexion. Les objectifs étaient de reconnaître des gestes liés à l’inclusion et d’être capables de nommer une qualité et un défi personnel. Il était essentiel que les élèves puissent d’abord réfléchir sur eux-mêmes avant de formuler des commentaires destinés aux autres, afin de développer une meilleure conscience de leurs propres forces et défis.
La troisième étape consistait à modéliser l’écriture de messages constructifs. Les élèves ont ensuite rédigé cinq messages destinés à leurs pairs. L’objectif était qu’ils puissent écrire un message constructif à un autre élève en mettant en pratique les critères établis.
Enfin, tout au long du projet, des moments de réflexion métacognitive ont permis aux élèves d’identifier des stratégies pour mieux inclure les autres, de réfléchir aux émotions associées aux interactions sociales et de développer une meilleure compréhension de leurs responsabilités au sein du groupe.
Pour appuyer l’apprentissage, j’ai affiché les cibles de chaque étape afin que les élèves sachent ce qui était attendu. Durant mes semaines de stage, j’ai animé plusieurs ateliers où les élèves devaient travailler avec différents camarades, favorisant ainsi des interactions variées. À la fin du projet, ils ont écrit des messages positifs qui ont été affichés sur un grand mur de mots bienveillants, symbolisant les progrès du groupe et leur engagement envers l’inclusion.
Bilan du projet
À la suite de ce projet, j’ai observé des changements très positifs dans le climat de la classe. Les élèves démontraient une plus grande tolérance et une meilleure compréhension des différences. Lorsqu’un geste ou une parole inappropriée survenait, plusieurs intervenaient spontanément pour défendre un camarade et faisaient référence à leur autoévaluation ou aux critères établis ensemble. De mon côté, j’ai constaté une amélioration notable dans ma gestion de classe : les élèves régulaient davantage leurs comportements, prenaient leurs responsabilités et le nombre de conflits a significativement diminué.
Un moment particulièrement marquant a été celui où les élèves se sont remis leurs messages positifs. Plusieurs ont pleuré de joie en découvrant ce que leurs camarades avaient écrit à leur sujet. Certains ont même partagé qu’ils ne pensaient pas être autant appréciés par les autres, surtout lorsqu’ils faisaient des erreurs ou avaient des difficultés. Pour plusieurs élèves, cette activité a réellement contribué à renforcer leur confiance en eux. Ils ont pris conscience de leur valeur au sein du groupe et du fait que leurs pairs reconnaissaient leurs qualités. Ce moment d’émotion collective a été un tournant : il a solidifié le climat d’inclusion que nous avions travaillé et a permis aux élèves de se voir autrement, avec bienveillance et respect.
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| Les différences.pdf | 2.89 Mo |
| Autoévaluation sur l'inclusion.pdf | 166.06 Ko |
| traces.png | 932.32 Ko |
| échéancier.png | 153.2 Ko |