Mon projet d’intervention en contexte (PIC) vise le développement de l’autonomie des élèves dans la gestion des routines, des transitions et des comportements en classe. Dès les premières semaines, plusieurs élèves manifestaient une forte dépendance à l’adulte : difficulté à savoir quoi faire une fois le travail terminé, méconnaissance des routines et besoin constant de validation. Cette situation avait un impact négatif sur la gestion du temps, le climat de classe et le sentiment de compétence des élèves.
Ainsi, je me suis questionnée à savoir comment j'allais pouvoir amener mes élèves à devenir plus autonomes dans leurs routines et dans la gestion de leurs comportements afin de favoriser un climat de travail plus serein et efficace.
Pour ce faire, j'ai décidé d'articuler mon PIC autour d’une triangulation d’interventions, afin de m’appuyer sur plusieurs approches issues des sciences de l’éducation.
Étape 1 – La modélisation des routines
D’abord, la modélisation explicite des routines et des transitions rend les attentes claires et observables, ce qui a entraîné une amélioration significative de l’autonomie et de l’efficacité des élèves. En effet, en trois semaines je suis passée de 7 élèves sur 26 qui réalisaient leur routine sans rappel à 22. En ce qui concerne les transitions, elles se sont améliorées en moyenne de 2 minutes.
Étape 2 – Système de rappels visuels
Ensuite, j’ai introduit des pictogrammes associés aux niveaux de voix (silence, chuchotement, discussion) ainsi qu’un minuteur visible en tout temps. Ces repères visuels ont permis aux élèves de s’autoréguler sans intervention directe de l’adulte. Les effets ont été particulièrement marqués lors de la routine de lecture de l’après-midi. Alors qu’au départ plusieurs élèves parlaient et tardaient à se préparer, ils deviennent progressivement autonomes dans leur gestion du temps et du comportement. Désormais, les élèves sont prêts à commencer la période suivante, avec leur matériel préparé, environ dix secondes avant la fin du minuteur.
Étape 3 – Échelle d’autonomie individuelle
La troisième étape du PIC vise le développement de l’autorégulation et de la motivation intrinsèque à l’aide d’une échelle d’autonomie individuelle graduée de 1 à 4. Chaque élève progresse selon son niveau de responsabilité et de régulation de ses comportements. Pour accéder au niveau supérieur, l’élève respecte pendant une semaine les critères de son niveau actuel et se fixe un défi personnel en lien avec un comportement ou une compétence à améliorer. Il complète ensuite un formulaire Google Form dans lequel il s’autoévalue et explique pourquoi il mérite de progresser. Chaque niveau donne accès à de nouvelles responsabilités favorisant l’autonomie. Ce dispositif valorise la réflexion, le dépassement de soi et la fierté du progrès, tout en renforçant l’engagement et la motivation durable des élèves. Les élèves étaient motivés, mais surtout très honnêtes. C'était du bonbon à voir.
L’échelle d’autonomie (Étape 3) encourage l’élève à se fixer un défi personnel, à se dépasser par lui-même, ce qui nourrit la motivation intrinsèque (agir pour le plaisir ou la satisfaction personnelle plutôt que pour une simple récompense externe). Le fait de relever son propre défi, de se sentir « fier d’être monté d’un niveau » renforce le sentiment de compétence. Le passage des deux premières étapes - modélisation et pictogrammes - (où la motivation était davantage extrinsèque) à la troisième - échelle d'autonomie - (motivation intrinsèque) illustre le cheminement vers une autonomie véritable tel que décrit par la théorie de l’autodétermination (TAD) de Edward Deci et Richard Ryan.
Des traces de ce projet sont disponibles, notamment des photographies des affichages, des pictogrammes et de l’échelle d’autonomie, des exemples de formulaires Google Form complétés par les élèves ainsi que des données d’observation sur l’évolution des routines et des transitions.
En somme, mon projet s'inscrivait directement dans la vision de Lahire (2001) : mes trois étapes traduisent la transparence par la modélisation explicite des routines, l’objectivité à travers les repères visuels et la publicisation avec l’échelle d’autonomie qui rend les progrès visibles et concrets pour les élèves. En cinq semaines, j'ai transformé ma classe du tout au tout. Mes élèves sont devenus des experts en autonomie !
| Fichier attaché | Taille |
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| Projet PIC.pdf | 21.43 Mo |