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Dans le cadre de mon stage en 3e année du primaire, j’ai mis en place un projet d’intervention en classe (PIC) visant à soutenir le développement de l’autonomie des élèves. Le groupe-classe était composé de 23 élèves présentant une dynamique d’entraide et de partage. Toutefois, à la suite de mes semaines de prise en charge, j’ai observé que plusieurs élèves éprouvaient des difficultés à agir de manière autonome dans leur quotidien scolaire, ce qui se traduisait par un nombre élevé d’interventions de ma part liées à la gestion des comportements, des responsabilités et de l’environnement de classe.


L’objectif principal de mon PIC était donc de réduire le nombre de mes interventions en lien avec trois cibles d’autonomie, tout en amenant les élèves à se responsabiliser davantage. Pour y parvenir, j’ai conçu et implanté le train de l’autonomie, un dispositif visuel et évolutif composé de trois wagons, chacun correspondant à une cible d’apprentissage formulée sous la forme « Je peux… », en cohérence avec les pratiques de l’école de l’Ancrage. Le train symbolisait la progression collective du groupe, tandis que les wagons représentaient des objectifs pouvant être atteints dans un ordre flexible, selon le rythme et les besoins de chaque élève.


Le premier wagon visait à amener les élèves à se concentrer sur leurs propres affaires (je gère ma fougère) et à développer des habiletés sociales favorisant des interactions respectueuses. J’ai mené une lecture interactive de l’album  « Je gère ma fougère » suivie de discussions réflexives et d’une courte écriture personnelle. Le deuxième wagon portait sur le choix d’une assise adaptée aux besoins de concentration, en tenant compte de l’environnement social. Les élèves ont exploré différentes assises de travail (tables hautes, tables basses, poufs, chaises roulantes) et ont complété une fiche d’autoévaluation afin de réfléchir à leur niveau de concentration et à leur ressenti selon qu’ils étaient assis seuls ou à côté d’un camarade. Le troisième wagon concernait le respect de l’environnement, abordé à travers des activités extérieures telles que le ramassage des déchets dans la cour d’école et une activité de création artistique (Land Art) permettant de faire un lien explicite entre le respect de la nature et celui de la classe.
 

Tout au long du projet, j’ai documenté la progression des élèves à l’aide d’un journal de bord, d’observations ciblées et d’outils d’autoévaluation. Les élèves ayant atteint les objectifs voyaient leur nom ajouté au wagon correspondant, tandis que j’ai apporté des ajustements pour soutenir ceux qui éprouvaient encore des difficultés. Les résultats observés ont été significatifs : le nombre moyen de mes interventions quotidiennes liées aux trois objectifs est passé d’environ 30 interventions par jour à 7 ou 8, ce qui témoigne d’une augmentation marquée de l’autonomie des élèves.
 

Ce projet m’a permis de constater que la mise en place d’un cadre clair, visuel et valorisant favorisait l’engagement des élèves, diminuait leur dépendance à mon égard et soutenait le développement de comportements autonomes durables, tout en maintenant un climat de classe structuré, positif et sécurisant. 


 

Cohorte