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À la suite de nombreuses observations réalisées en classe de 1re année lors des activités d’écriture, j’ai constaté que plusieurs élèves consacrent encore une grande partie de leur énergie au tracé des lettres plutôt qu’au contenu de leur message. Malgré un enseignement explicite des lettres minuscules et une progression graduée allant de l’écriture guidée à l’écriture autonome, certains élèves éprouvent des difficultés persistantes liées à la graphomotricité, notamment le mauvais usage du trottoir, le sens du tracé des lettres et la confusion entre les lettres à hampes et à jambages. Ces difficultés entraînent une surcharge cognitive qui nuit à la fluidité, à la lisibilité et à la motivation en écriture, un constat également partagé par des collègues du 2e cycle, qui observent un impact sur l’apprentissage ultérieur de l’écriture cursive.

Ce projet d’intervention vise donc à réduire la charge cognitive liée au geste d’écriture afin de favoriser une meilleure qualité de présentation et une plus grande fluidité en production écrite. Pour y parvenir, plusieurs interventions ont été mises en place. D’abord, un outil visuel simple rappelant le bon tracé et le positionnement des lettres a été offert aux élèves afin de soutenir leur autonomie. Ensuite, une routine quotidienne d’écriture a été instaurée lors de l’accueil du matin, proposant des tâches progressives et adaptées à la zone proximale de développement des élèves : copie de mots, choix autonome de mots, puis rédaction de phrases complètes, avec un accent sur l’écriture « à la perfection ». Ces activités incluaient une pratique préalable du mouvement du tracé ainsi que des moments d’autoévaluation favorisant la réflexion métacognitive. Enfin, des activités d’écriture multisensorielles ont été intégrées aux ateliers du 5 au quotidien afin de travailler la graphomotricité dans des contextes variés et signifiants, incluant la rétroaction entre pairs.

Les résultats de ce projet ont démontré une amélioration de l’automatisation du geste d’écriture, une diminution de la fatigue et de la frustration, ainsi qu’un meilleur engagement des élèves dans les tâches d’écriture. Les traces observées incluent les productions des élèves dans leur cahier d’écriture, les grilles d’autoévaluation, les observations consignées lors des ateliers et les activités d’évaluation par les pairs, telles que le choix et la justification de la « lettre championne ». Ce projet met en lumière l’importance de la graphomotricité comme levier essentiel au développement des compétences en écriture, tant sur le plan moteur, cognitif qu’affectif.

Cohorte