Mon stage 4 s'est réalisé dans une classe de 4e année comportant 23 élèves. Un bon nombre d'élèves présentait des difficultés d'apprentissage et/ou des troubles d'apprentissage. J'ai vite réalisé que les rythmes d'apprentissage de mes élèves étaient extrêmement différents et que j'étais plus souvent amenée à devoir gérer et occuper mes élèves qui terminaient rapidement et qui avaient de la facilité au lieu d'aider mes élèves en difficulté d'apprentissage qui avaient besoin de mon soutien.
Suite à ces constats, je me suis posée la question suivante afin de planifier mon PIC: Comment développer l’autonomie des élèves plus rapides afin de mieux répondre aux besoins des élèves en difficulté d’apprentissage?
J'ai ensuite mis en place des interventions pour être capable de me garder du temps afin d'aider mes élèves en difficulté, et si possible, faire des groupes de besoins avec ceux-ci pendant que mes autres élèves travaillent de façon autonome. En premier lieu, j'ai parlé du problème que j'avais observé à mes élèves, puis je leur ai demandé ce qu'ils aimeraient faire, de façon autonome, quand ils ont terminé un travail et que je suis occupée à aider des élèves. Ils m'ont alors donné plusieurs choix, que j'ai notés (par exemple: mots cachés, sudokus, coloriages magiques, petits problèmes de maths, lectures et questions ludiques, cartes à tâches sur des notions déjà vues, etc. ). Le but de ces activités était de réviser des notions déjà vues, sans pour autant pénaliser les élèves qui avaient besoin de plus de temps pour terminer le travail principal demandé ou qui avaient besoin d'aide. Ces petits travaux allaient parfois plus loin, pour rester dans la zone proximale de développement des élèves ayant une plus grande facilité. Quand est venu le temps de mettre en place mon PIC, j'ai fait un enseignement explicite des choix disponibles à chaque semaine quand un travail est terminé et j'ai aussi enseigné les comportements attendus pendant ce travail autonome, que j'avais appelé «les activités autonomes ». Ces choix et l'ordre dans lequel ils devaient être faits étaient écrits sur un tableau, dans la classe, bien à la vue des élèves. Les corrigés étaient disponibles à l'avant, et les élèves pouvaient s'entraider s'ils avaient des questions sur les activités autonomes. Tout était placé dans des bacs identifiés à l'avant de la classe pour que ce soit clair et organisé pour les élèves.
Dès la deuxième semaine de mise en place de mon PIC, j'ai pu réaliser que les élèves étaient beaucoup plus autonomes quand ils terminaient un travail. Il s'installaient en travail autonome, ne dérangeaient pas les autres élèves autour et s'entraidaient s'ils avaient des questions. Je diminuais ainsi ma gestion et j'ai pu faire des groupes de besoin et aller aider des élèves en difficulté. Il y a donc eu des bénéfices pour tous mes élèves.
Afin d'observer les résultats de mon PIC, j'ai utilisé plusieurs traces: des travaux d'élèves qu'ils ont réalisés lors des activités autonomes (cartes à tâches, ateliers, etc), une grille d'observation (liste d'élèves où j'écrivais le nombre de fois qu'un élève vient me poser une question par rapport aux activités autonomes alors que je suis occupée à aider un autre élève dans le travail principal), ainsi que des feuilles de suivi qui me permettaient de voir l'avancement de mes élèves durant chaque semaine. Ils devaient mettre un collant sur leur feuille et écrire quelle activité ils avaient fait une fois qu'elle était terminée et corrigée. Avec ces traces, j'ai pu voir que mon projet était une réussite, même s'il présentait tout de même quelques limites.