Mise en contexte : J’ai réalisé mon stage 4 dans une classe de préscolaire 5 ans composée de 17 enfants dans la région du Bas-Saint-Laurent. Rapidement, j’ai constaté la présence de besoins langagiers importants au sein de mon groupe. En effet, 10 enfants sur 17 ont été ciblés ou bénéficiaient déjà d’un suivi en orthophonie. Les défis observés touchaient principalement les catégories lexicales, la compréhension des concepts ainsi que la capacité à faire des inférences. Au quotidien, ces difficultés se manifestaient par des hésitations dans le discours, du bégaiement, l’utilisation fréquente du mot « ça » ou encore le recours au pointage pour se faire comprendre. Ces enjeux langagiers avaient des répercussions directes sur les interactions sociales et le jeu symbolique. J’ai observé que c’était souvent les mêmes enfants qui participaient aux jeux de rôle, tandis que d’autres n’arrivaient pas à s’y engager pleinement puisqu’ils avaient de la difficulté à exprimer leurs idées et leurs intentions.
Objectif : L’objectif de mon projet d’intervention en contexte était de soutenir le développement du vocabulaire des enfants du préscolaire par le biais du jeu symbolique et de l’approche thématique. Ce projet s’inscrivait dans la problématique suivante : comment soutenir le développement du vocabulaire au préscolaire? En cohérence avec le Programme-cycle du préscolaire, plus précisément avec le domaine langagier et l’axe de développement du langage oral, les interventions visaient à élargir le vocabulaire des enfants. À travers des situations de jeux de rôle, l’enfant était amené à regrouper des mots ayant des liens entre eux, à utiliser un vocabulaire de plus en plus précis ainsi qu’à réutiliser de nouveaux mots dans le cadre du jeu symbolique.
Interventions : Afin de soutenir le développement du vocabulaire des enfants, j’ai mis en place, tout au long du mois de novembre, un thématique de classe portant sur la ville et les métiers. Au fil des semaines, différents coins de jeu symbolique ont été aménagés dans la classe, notamment une épicerie, un garage de mécanicien et un salon de coiffure. Ces espaces ont été enrichis par du matériel signifiant comme des colliers identifiant les rôles (caissier, client, employé), des factures, des produits étiquetés avec le nom et le prix (variant de 1$ à 3$) ainsi que des mots-étiquettes permettant d’identifier le matériel et les actions. À l’épicerie, les produits étaient également classés par catégories (produits secs, poissonnerie, boulangerie, etc.) afin de favoriser la création de réseaux sémantiques. Lors des périodes de jeu symbolique, j’intervenais comme adulte co-joueur en offrant un étayage langagier. Je reformulais, je proposais des synonymes, j’utilisais les termes exacts et je questionnais les enfants afin d’enrichir leur discours. Mon rôle se déployait avant, pendant et après le jeu afin d’encourager le « faire semblant » et de favoriser la réutilisation du nouveau vocabulaire dans un cadre concret et signifiant. Des interventions langagières ont également été intégrées dans d’autres contextes, tels que la construction d’une maison géante, l’exploitation de littérature jeunesse en lien avec le thème, le jeu HEDBANZ ainsi que lors de la visite de huit parents venus présenter leur métier (assistante dentaire, mécanicien, notaire, dynamiteur, directeur d’usine de la Société VIA, etc.).
Résultats : À la suite de la réalisation de mon projet, j’ai constaté plusieurs effets positifs chez les enfants de ma classe, particulièrement en lien avec leur participation au jeu symbolique et leur développement langagier. D’abord, une plus grande implication de l’ensemble des enfants a été constatée dans les différents coins de jeu puisque davantage d’enfants s’y engageaient activement et sur une plus longue durée. Le langage utilisé par les enfants était de plus en plus en lien avec le contexte du jeu. Par exemple, ils prenaient des rendez-vous au salon de coiffure, ils payaient des factures à l’épicerie, ce qui a également permis de travailler les chiffres, et ils effectuaient des vérifications de voitures au garage. J’ai aussi noté une diminution de l’utilisation du mot « ça », au profit d’un vocabulaire plus précis pour nommer les objets, les actions et les rôles. De plus, les enfants ont démontré un engagement accru dans le jeu en y apportant eux-mêmes de nouveaux éléments. En effet, ils ont ajouté une salle d’attente au salon de coiffure en s’installant à une table avec des livres et des revues pour attendre leur tour, ainsi qu’une couverture utilisée comme tablier. Au garage, la création collective d’un schéma représentant le travail du mécanicien, réalisée avant la visite du papa mécanicien, a permis de faire émerger une dizaine de mots liés au métier (coffre à outils, camion, route, tournevis, vis, etc.). À la suite de la présentation du parent et après près de deux semaines de jeu dans le coin, les enfants ont été en mesure d’ajouter quinze nouveaux mots à leur répertoire lexical, témoignant d’un enrichissement significatif du vocabulaire et d’un réinvestissement concret des apprentissages dans le jeu symbolique.
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| 1 - Schéma mécanicien.jpg | 129.4 Ko |
| 2 - Coin épicerie.jpg | 235.14 Ko |
| 3 - Colliers des rôles.jpg | 239.33 Ko |
| 4 - Facture.jpg | 238.31 Ko |
| 5 - Coin salon de coiffure.jpg | 244.49 Ko |
| 6 - Coin mécanicien.jpg | 243.92 Ko |
| 7 - Maison géante.jpg | 251.63 Ko |