Dans le cadre de mon projet d’intervention en contexte, j’ai mis en place une séquence d’activités visant à enrichir le vocabulaire et à varier la construction des phrases en écriture chez mes élèves de 3ᵉ année. Ce projet s’est déroulé dans une classe de 22 élèves présentant plusieurs défis, notamment des difficultés en lecture et en écriture, la présence d’élèves ayant un TDL, un élève allophone et un milieu défavorisé où, pour plusieurs, le français n’est pas la langue parlée à la maison. Les constats de départ montraient des productions écrites composées de phrases courtes, répétitives et d’un vocabulaire limité.
J’ai donc planifié des interventions sur plusieurs semaines, combinant des lectures interactives d’albums jeunesse riches en langage, la création d’un mur de mots, des jeux lexicaux, des activités orales de manipulation du langage et des ateliers d’écriture guidés. Les élèves ont été amenés à observer le vocabulaire, à le manipuler, puis à le réinvestir dans de courtes productions écrites, notamment par la reformulation de phrases, l’ajout de détails et l’utilisation de connecteurs simples. Le travail collaboratif a été intégré à différentes étapes du projet, notamment lors d’activités en dyades et en équipes où les élèves ont échangé des idées, enrichi leurs phrases ensemble et révisé leurs textes à partir de discussions et de rétroactions entre pairs.
À la suite des interventions, j’ai observé que plusieurs élèves, particulièrement les élèves plus forts, ont réussi à réinvestir certains mots nouveaux dans leurs phrases et leurs textes. À l’inverse, le réinvestissement s’est avéré plus difficile pour les élèves plus faibles, ce qui peut s’expliquer par un bagage lexical plus limité, un contexte linguistique plus fragile et un temps d’exposition insuffisant pour consolider les nouveaux apprentissages. Le réinvestissement du vocabulaire s’est révélé plus fréquent et plus riche lors des travaux en équipe que lors des tâches individuelles. Les productions finales témoignent d’un début d’enrichissement lexical et d’une légère amélioration de la variété des phrases. Toutefois, j’ai constaté que le temps alloué était insuffisant pour assurer une acquisition durable, surtout considérant le contexte linguistique des élèves. Ce projet aurait avantage à s’échelonner sur une plus longue période afin de multiplier les réactivations et favoriser un transfert plus stable du vocabulaire en écriture.