Contexte
Lors de mon stage 4 l'automne dernier, mon PIC s'est tourné vers l'une de mes élèves plus spécifiquement. En effet, depuis le début de l'année, l'équipe enseignante observe chez l'élève des comportements récurrents de conflits, de gestes brusques et de commentaires blessants, sans manifestation apparente de remords ou de compréhension de l’impact sur ses pairs. Lors des interventions, elle demeure neutre, affirme ne pas comprendre pourquoi on lui parle et ne réagit pas à la détresse des autres. Parallèlement, quelques épisodes d’incontinence vécus sans gêne ni demande d’aide soulèvent des questions quant à sa conscience corporelle et émotionnelle. Les parents rapportent des comportements similaires à la maison, ce qui confirme que les difficultés dépassent le cadre scolaire.
Les premières rencontres en psychoéducation indiquent qu’elle reconnaît les émotions chez les autres, mais peine à identifier ses propres sensations internes. Cette situation nous amène à réfléchir au développement de l’empathie sous ses différentes composantes (affective, cognitive et motivationnelle) et à l’importance du contexte social, de la modélisation et du climat de classe, tels que décrits par Piaget, Vygotski et Bandura. L’objectif est d’accompagner l'élève dans une meilleure compréhension d’elle-même et des autres, tout en observant l’effet de ces interventions sur le climat de classe et la qualité de ses interactions sociales.
Interventions planifiées
L’intervention se veut progressive, concrète et centrée sur l’expérience vécue par l’élève, en s’appuyant sur des outils simples, mais structurants.
1. Travailler la conscience de soi
- Présentation d’un journal de bord émotionnel pour aider l'élève à mettre des mots sur ce qu’elle ressent et sur les sensations physiques qui accompagnent ses émotions.
- Utilisation de vidéos courtes et d’échanges guidés pour reconnaître les émotions, comprendre ce qui les déclenche et faire des liens avec son propre vécu.
- Retour aux fiches MEQ du préscolaire pour retravailler des bases qui semblent encore fragiles (reconnaissance des émotions, conscience corporelle).
2. Développer l’empathie et les habiletés sociales
- Lectures interactives ciblées (ex. La couleur des émotions) pour discuter des états internes des personnages et des conséquences de leurs actions.
- Saynètes et jeux de rôles pour pratiquer des réactions empathiques, réfléchir à ce qui peut blesser quelqu’un et apprendre à ajuster ses paroles.
- Modélisation constante de comportements empathiques et mise en valeur des bons coups observés en classe.
3. Enseignement explicite et accompagnement
- Discussions sur les commentaires inadéquats : quoi dire, quoi garder pour soi, pourquoi certaines paroles peuvent blesser.
- Travail sur la prise de perspective et la compréhension des conséquences sociales de ses gestes.
- Coordination avec la psychoéducatrice pour assurer une cohérence dans les interventions et éviter le dédoublement.
4. Documentation et réflexion
- Tenue d’un journal d’observation pour suivre l’évolution des comportements, repérer les moments clés et ajuster les interventions.
- Analyse continue du climat de classe et des réactions des pairs, afin d’intervenir rapidement si nécessaire.
- Appui sur la littérature scientifique (empathie, socialisation, mesures observationnelles) pour éclairer la démarche.
Résultats
En raison du temps limité et du fait que la psychoéducation assurait déjà un suivi ciblé auprès de l’élève, le PIC n’a pas pu être déployé comme prévu. Je présente néanmoins l’outil de consignation des traces qui aurait servi à documenter les observations et l’évolution de l’élève.
| Fichier attaché | Taille |
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| gabaritObservationsPIC.pdf | 145.7 Ko |