Contexte
Dans ma classe de première année, composée de 20 élèves, plusieurs éprouvaient des difficultés à s’exprimer en grand groupe. Plus précisément, quatre élèves se montraient particulièrement timides et participaient rarement aux discussions orales, ne levant presque jamais la main. Cette situation limitait leur engagement lors des activités en plénière et pouvait freiner le développement de leurs compétences en communication orale. Dans le but de soutenir ces élèves et de favoriser le développement de leurs habiletés à l’oral, je me suis donc posé la question suivante : comment encourager les élèves timides à participer oralement afin qu’ils gagnent en confiance et s’expriment plus aisément devant leurs camarades ?
Interventions menées
Dans le cadre de mon Projet d’intervention en contexte (PIC), j’ai choisi de cibler un petit groupe de quatre élèves auprès desquels j’ai mis en place différentes activités visant à favoriser l’expression orale. Afin d’atteindre cet objectif, chaque lundi, du 27 octobre au 15 décembre, durant l’heure du dîner, les élèves et moi restions en classe pour manger ensemble et participer à des jeux favorisant la communication orale. Au sein du groupe ciblé, deux élèves recevaient un service de francisation, tandis que deux autres présentaient un trouble du langage.
Les objectifs d’apprentissage visés dans le cadre de ce projet étaient les suivants : parler de soi (goûts, préférences, champs d’intérêt), répondre à une question simple en formulant une justification à l’aide de « parce que », témoigner de son écoute en faisant écho aux propos de l’autre ou en les reformulant, vérifier sa compréhension des propos entendus, poser une question, exprimer ses idées à l’oral, écouter l’autre pour se faire une idée, exprimer ses émotions à l’aide d’expressions faciales, utiliser le langage corporel pour communiquer une idée ou un message, ajuster le volume de sa voix en fonction du contexte (chuchoter, parler normalement ou parler plus fort), s’exprimer à un volume approprié à la situation et adopter une posture droite et orientée vers l’auditoire lors des interventions ou des présentations en grand groupe.
Résultats
Avant le début de mon Projet d’intervention en contexte, les quatre élèves ciblées participaient très peu en classe. Elles adoptaient une posture plutôt passive, puisqu’elles écoutaient et réalisaient les tâches demandées, mais levaient rarement la main pour poser ou répondre à une question. Elles se montraient également très gênées lors des activités en grand groupe. Au fil des semaines de mise en œuvre du projet, j’ai toutefois observé des retombées positives chez chacune d’elles. Par exemple, l’élève 1 participait rarement aux échanges en classe et demeurait souvent en retrait. Dès la première séance du projet, elle s’est montrée plus à l’aise en chantant dans sa langue maternelle. De plus, lors de la troisième semaine, elle a su s’affirmer en exprimant à un autre élève son inconfort face à un comportement qu’elle n’aimait pas, et ce, sans intervention de ma part. En ce qui concerne l’élève 2, elle levait très rarement la main avant le projet en raison de sa gêne. Or, quelques jours après la première séance, elle a levé la main pour répondre à une question lors d’une conférence donnée par la policière de l’école. Par la suite, elle participait plus fréquemment, notamment pour partager ce qu’elle faisait durant la fin de semaine. L’élève 3 a également démontré des progrès significatifs. Elle évitait auparavant de participer aux activités en grand groupe. Durant les premières semaines du projet, sa voix était difficilement audible et elle s’exprimait peu. Toutefois, le 14 novembre, bien que sa voix fût encore basse lors d’une présentation, ses pairs étaient en mesure de l’entendre. Les 2 et 12 décembre, lorsque je prenais les présences à voix haute, je l’entendais parfaitement de sa place. Le 4 décembre, elle a levé la main pour participer à une activité de groupement de dix devant la classe. Elle a également réussi à dépasser sa gêne en lisant un livre à des élèves de maternelle. Le 9 décembre, elle a levé la main pour venir au tableau pour effectuer une « glissade de lecture » et, durant la semaine, elle a accepté d’écrire le mot « fleur » au tableau. Lorsque je suis retournée à mon école de stage le 15 janvier, l’enseignante titulaire m’a confirmé les effets positifs de ce projet : l’élève s’incluait et participait davantage, riait et échangeait avec ses pairs. Quant à l’élève 4, des progrès ont également été observés. Avant le projet, elle participait peu et s’exprimait rarement à l’oral. Le 10 novembre, alors qu’elle était la chef du jour, sa voix était entendue par l’ensemble du groupe. Le 17 novembre, elle a levé la main pour participer à une activité demandant de se placer à l’avant selon le son entendu (« é » ou « è »). Le 25 novembre, elle a de nouveau levé la main pour répondre à une question. Enfin, lors de deux prises de présence au cours du mois de décembre, je l’entendais parfaitement de sa place.
En conclusion, offrir des moments ciblés et bienveillants à des élèves plus gênés, à travers des activités axées sur le langage et la communication orale, contribue à renforcer leur confiance et favorise une participation plus active à l’oral en contexte de classe.
| Fichier attaché | Taille |
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| Élève 1 - Grilles d'observation et d'évaluation.pdf | 78.09 Ko |
| Élève 2- Grilles d'observation et d'évaluation.pdf | 81.78 Ko |
| Élève 3 - Grilles d'observation et d'évaluation.pdf | 77.94 Ko |
| Élève 4 - Grilles d'observation et d'évaluation.pdf | 81.67 Ko |