Aller au contenu principal
Jan 21 2018

Les problèmes observés sur le contexte de la classe

Ma classe de stage, une classe de préscolaire, comptait 17 élèves. Avant la rentrée scolaire, le portrait de ma classe présentait plusieurs difficultés potentielles au niveau langagier. Après un mois passé avec les élèves, j’ai observé que malgré le fait que les difficultés au niveau de la production/expression étaient moins grandes que nous le pensions au départ (nous réussissions à comprendre tous les enfants lorsqu’ils s’exprimaient), plusieurs élèves semblaient avoir certaines difficultés relativement à leurs habiletés sociales (comment entrer positivement en relation avec les autres, gérer des conflits, exprimer des frustrations…).

Il arrivait donc fréquemment que j’observe, notamment pendant les jeux libres, l’utilisation de propos tels que : tu n’es plus mon ami(e), tu es méchant(e), tu n’es pas bon(ne) ou que je vois certains élèves briser les constructions des autres, et ce, souvent sur le coup de la colère, en raison d’une frustration vécue sur le moment. Pour certains, la gestion de petites frustrations au quotidien était très difficile, ce qui faisait en sorte qu’ils se mettaient en colère rapidement et n’étaient pas en mesure de trouver des solutions à leur problème. Il semblait également difficile pour eux de déceler la colère sur le visage d’autrui et de comprendre que ce qu’ils faisaient n’était pas bien reçu de la part d’un ami, par exemple.

De plus, des interventions auprès de trois élèves devaient souvent être faites par la TES attitrée à notre classe, en raison de l’adoption de comportements inappropriés et étant nuisibles pour le vivre ensemble lorsque nous étions en grand groupe ou en jeux libres. Des comportements de violence étaient notamment observés chez ces élèves, comportements qui semblaient selon les observations faites, découler d’un manque d’habiletés/d’outils pour exprimer et contrôler les frustrations de façon adéquate.

Principaux besoins des élèves

-Reconnaitre les signes présents chez eux lorsqu’ils sont en colère.

-Apprendre à nommer comment ils se sentent (aspect langagier à besoin des élèves).

-Trouver des moyens/stratégies pour gérer les frustrations vécues au quotidien.

-Apprendre à revenir au calme.

Moments quotidiens étant source de frustrations pour plusieurs :

-Attendre son tour (ne pas être choisi dès qu’ils lèvent la main);

-Un autre ami donne la réponse qu’ils voulaient donner;

-Ne pas être pigé;

-Se faire dire non;

-Lors des petits votes où leur choix ne gagne pas;

-Le jeu qu’il voulait est déjà utilisé;

-Leur construction ou leur bricolage se brise par accident;

-Lorsque c’est le moment de ranger les jeux, mais qu’ils n’ont pas terminé ce qu’ils faisaient (malgré le fait que je les aie prévenus);

-Un ami trop près d’eux au coin rassemblement;

-Conflit avec un autre ami;

-…

La réflexion qui a conduit à mettre en œuvre un projet d’intervention :

La difficulté marquée de certains élèves à gérer leurs frustrations avait des effets négatifs sur leur relation avec les autres élèves, certains les associant à des comportements uniquement négatifs et ne voulant donc pas aller vers eux, et également sur le climat de classe. Je souhaitais donc les amener à mieux gérer ces différentes frustrations qu’ils vivent au quotidien pour ainsi les aider à mieux s’intégrer dans la classe et à vivre des moments positifs.

Description du projet

Mon projet visait donc à amener les élèves de la classe à développer des stratégies pour contrôler leurs frustrations. Ces stratégies allaient venir le plus possible d’eux et être ressorties également à l’aide d’albums de littérature jeunesse traitant du thème de la colère ou de la gestion des émotions de façon plus générale.

Des discussions, des mises en situation, par l’entremise notamment de la littérature jeunesse, et des activités/ateliers ont permis aux enfants de réfléchir à des solutions pour bien gérer les petites frustrations qu’ils vivent au quotidien. Nous en sommes même venus à développer des outils (créés par eux et d’autres déjà existants) pour les aider dans ce travail d’apprentissage de la gestion de la colère et qui ont mené finalement à un coin pour « dompter le lion en nous »[1]. Le nom a été trouvé par les élèves : Le coin qui répare le cœur des lions.                                              

La nature des traces :

-Productions des élèves : Bonhomme colère, roulette de moyens

-Notes au premier bulletin dans la compétence 3

-Photos des moments de travail

-Éléments ressortis au TBI lors des discussions

-Notes sur les observations faites au quotidien

-Planification d'une activité

 

Observations saillantes

De ce que j’ai pu voir vers la fin du projet et lorsque je suis retournée dans ma classe en janvier :

-Participation et intérêt marqué des élèves lors des activités portant sur le sujet (colère), car cela les rejoignait (aucune gestion de comportements perturbateurs lors des périodes de PIC);

-Les élèves étaient en mesure d’exprimer davantage avec des mots lorsqu’ils se sentaient fâchés et de dire pourquoi ils se sentaient ainsi.

-Les élèves étaient plus calmes, car capables de s’arrêter avant d’agir et de choisir un bon moyen pour gérer leurs frustrations (notamment avec la roulette, que plusieurs élèves consultent souvent).

-Beaucoup moins de conflits à gérer par l’adulte

 

[1] Dans le même temps que ce projet était abordé le thème du cirque. Il s’agit donc d’un parallèle que j’ai fait avec les élèves et qui a notamment été abordé dans l’album Une histoire de colère.

Cohorte